« Kéré » : la famine frappe au Sud de Madagascar

famine

Comme le reste du monde, la Grande île n’a pas été épargnée par les bouleversements en cascade depuis l’an dernier. Étant très vulnérable aux effets du changement climatique a dû affronter une sécheresse redoutable dans le sud depuis fin juin dernier entraînant le kéré. Le kéré ou la famine dans le sud de l’île est un phénomène de disette qui sévit ponctuellement dans la partie sud du pays.

Les principales causes de la famine

D’une manière générale, les nouvelles de Madagascar ne sont pas très radieuses jusqu’à ce jour. Le Kéré qui frappe le sud est l’une des situations que fait face la Grande île en plus de la crise sanitaire actuelle. Concernant cette famine, le mal se caractérise par la rareté des biens alimentaires à cause du sol improductif relatif à l’aridité du climat.

En conséquence, les populations qui restent sur place essaient alors de survivre en se nourrissant d’éléments qui tombent entre leurs mains. Bien évidemment, certaines migrent dans la capitale afin d’échapper aux calvaires. Pour les autres, ils se contentent de faire cuire des racines, s’en remettent aux mangues ou bien aux cactus pour se nourrir.

Et cette année encore, le nombre des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition sévère risque d’augmenter. La pandémie de Covid-19 a fermé l’école, supprimant la possibilité pour les écoliers d’un repas quotidien. Un autre facteur incontournable de cette situation est le manque de pluies dans cette région depuis quelques années.

Kéré : une situation propice à une crise alimentaire

D’après le Programme Alimentaire Mondiale, la sécheresse prolongée que fait face actuellement le Sud de Madagascar, est la plus importante dans la région. Depuis un an, la pluviométrie a été insuffisante voire presque nulle. De plus, il y a eu des pertes de céréales considérables dans les régions productrices.

La campagne agricole a été très faible entraînant une période de soudure plus précoce et sévère que les années précédentes. Bien évidemment, ce faible niveau de stock complété avec les effets de la crise sanitaire affecte gravement la sécurité alimentaire des ménages. À Madagascar, le kéré revient chaque année, mais aujourd’hui la crise s’est généralisée pour devenir critique.

Dans le Grand Sud, on compte désormais plus d’un million de personnes en situation d’insécurité alimentaire élevée. Ce chiffre risque de continuer à augmenter si la situation actuelle s’aggrave. De nombreux enfants de moins de 5 ans pourraient se retrouver en situation de malnutrition aiguë avec une forme sévère.

Lutte contre le kéré frappant le Sud de Madagascar

Face à ce problème, Action contre la faim a mis en place des équipes mobiles de prise en charge en santé et nutrition dans les districts du Grand Sud depuis février dernier. Actuellement, plusieurs équipes sillonnent la région afin d’assurer un suivi auprès des communautés les plus éloignées des centres de santé. Les zones où l’on dépiste le plus d’enfants malnutris aiguës ont été priorisées.

Pour répondre aux besoins grandissant, cette lutte contre la faim continue en ce jour. Par ailleurs, des organisations internationales essaient d’être présentes afin d’apporter leurs aides, mais les territoires du sud de la Grande île sont difficiles d’accès depuis la capitale. Néanmoins, le Chef de l’État malgache a promis de gagner la guerre contre la malnutrition en multipliant les visites sur le terrain et en apportant des vivres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *